Txarango à Olot – 7 juin 2014

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Le 7 juin 2014, le groupe Txarango se produisait à Olot (CAT), sur leurs terres, et c’était une belle occasion pour rencontrer Alguer, le chanteur histoire de vous faire connaitre un peu mieux ce groupe phare de la scène catalane Rock par ailleurs très copain avec les Ogres de Barback!



L’interview en catalan, sur Soundcloud :



La retranscription en français :

 
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On est avec Alguer du groupe Txarango, dans le bar juste à côté de la scène où ils joueront ce soir. Comment ça va, vous êtes prêts? Je vois que vous profitez de ce moment pour vous détendre…

Oui, on est ici en train de patienter pour les les balances, et très content de jouer ce soir à Olot (cat) parce que Paul, le percussioniste est justement d’Olot, et on joue ici un peu comme à la maison. Content aussi parce que beaucoup d’amis viendront également nous voir ce soir, on partage ce moment avec les gens qui nous connaissent depuis toujours et ça fait très plaisir.

On est en juin 2014, et on peut déjà affirmer que 2014 est l’année Txarango !…

(Alguer rit)

Vous avez terminé votre première tournée en décembre dernier au Palau de la Musica à Barcelone, une tournée qui avait commencé sur la place d’un petit village il y a trois ans, ce qui représente déjà quelque chose… Les images du concerts sur Youtube sont impressionnantes !

Oui tu as vu ça!!! C’était quelque chose qu’on n’aurait jamais pu imaginer. On s’est toujours donner quelques objectifs, comme par exemple celui de pouvoir enregistrer un disque et l’enregistrer a déjà été en soi un petit rêve… Ensuite, tous les concerts qu’on a donné, on a beaucoup travaillé pour, parce qu’en soi c’est assez difficile (d’en faire autant – NdT)… ça a été effectivement une année très sympa. On voulait faire un final différent et justement le Palau de la Musica avait ce côté solennel assez éloigné de l’ambiance des concerts qu’on fait d’habitude. C’était un peu un challenge, réinventer le groupe, et emmener l’univers du groupe dans un tel lieu, ça a été génial et les gens ont répondu tellement fort! La salle était bondée, et c’est une nuit qu’on oubliera jamais!

Oui, le public a beaucoup chanté…

(Les yeux grand ouverts) Oui !! Ils ont tout chanté !! Une des jolies choses qui nous arrive en concert, c’est que le public chante TOUTES les chansons !… de la première à la dernières ! Des fois on se dit que c’est nous les spectateurs, huit amis sur scène qui assistent au spectacle et écoutent nos chansons portées par tous ces gens ! C’est chouette et on se sent réellement privilégiés !

Et juste après ce final, vous avez organisé un festival. Tu peux nous en dire quelques mots ?

Oui, oui! Juste après le Palau, on a finit sur une petite tournée européenne qui nous a amené en France et dans un petit paquet de pays européens. On s’est ensuite donné comme nouvel objectif d’enregistrer ce deuxième album en se demandant comment le présenter (au public – NdT-). On a donc monté un festival, chez nous, à Sant Joan de les Abadesses (Cat), le village de mon enfance…

Tous les grands évènements de la vie du groupe avaient eu lieu pour la plupart à Barcelone, et ça nous semblait important, compte tenu de nos liens de proximité ici… On est nés ici, même si on a formé le groupe durant nos études à Barcelone. On avait le sentiment d’avoir beaucoup donné à cette ville, mais il nous manquait ce remerciement aux gens de chez nous.

Ça a été un festival avec une très forte interaction avec le public, je crois, avec plein de groupes amis…

Oui, énormément ! Ça a été l’occasion de se retrouver avec tous les groupes qu’on aime et qui forme notre environnement musical, ceux avec qui on partage la scène d’habitude. Ça a été deux jours de vie commune avec eux. On avait aussi du théâtre, du cirque, l’objectif était aussi de mélanger ces disciplines artistiques : on aime la musique évidemment mais aussi tout un tas d’autres choses !

On a donc fait la programmation du festival en choisissant des groupes qui promeuvent une musique festive, en n’oubliant pas que la musique rapproche les gens, est aussi un outil de transformation sociale, de revendication, de protestation, mais aussi de proposition. Lié la musique au quotidien de chacun, et que tout ça nous serve pour avancer.

Malgré la tournée, l’organisation de ce festival, vous avez trouvé le temps d’enregistrer ce deuxième album, qui est sorti en mars, si je ne me trompe pas… 14 titres, est ce que tu peux en dire quelques mots ?

Bien sûr ! Cet hiver a été une folie parce qu’entre l’écriture et l’enregistrement des chansons, et la préparation du festival… Je ne sais pas si on peut être plus stressés que ce qu’on l’a été cet hiver !

Bon, on est très heureux parce que cette fois on était dans une situation assez inédite : plein de gens attendaient avec impatience ce nouvel album. Et ça, c’était vraiment un gros challenge. Donc comme pour le premier disque, on a donc essayé au studio de construire des chansons qui nous plaisaient, qui nous représentaient, parlant de choses qui nous touchent, au niveau personnel mais également social. On a également essayé de faire un retour sur nos origines. Une des chansons s’appelle « Mon village », ou « La festa major »… beaucoup de chansons parlent de nous, comme « Music de carrer » par exemple, nos origines, de nos débuts. On a toujours revendiqué cette manière de faire de la musique parce que la rue, c’est la plus grande scène du monde et on adore. On s’identifie à cette manière de faire.

On peut qualifier ce disque d’extrêmement positif, optimiste. Pourtant la situation politique, économique en Espagne est très difficile. C’est une démarche personnelle ?

Oui, effectivement. C’est dur. Mais se plaindre c’est facile, on a un millier d’excuses chaque jour pour le faire. Et à la limite, on le fait toute la journée. Il nous a semblé qu’à l’heure de faire un travail musical, ce qui nous était difficile c’était justement de dire « Oui ! ». Donc on a essayé de se dire que plutôt que de se plaindre, on pouvait aussi proposer. Dire : « ok, on est un peu dans la merde, mais peut-être pas autant que cela. ». Nous qui pouvons nous balader dans le monde entier, nous savons qu’il y a pire. Donc les choses peuvent changer, ça c’est le principe.

Il n’y a rien de plus dur que de vivre de la musique en Catalogne. Et nous, un groupe de huit potes, on arrive à en survivre. C’est ce message qu’on voulait porter un peu partout : Si tu te bouges, les choses peuvent changer. Oui, ça va mal, mais bougeons-nous, et le changement positif, peut se produire. Chanter cet espoir là, et le faire bien.

Un autre trait de caractère de votre groupe est la participation dans les reseaux sociaux. Votre album est d’abord sorti sur votre page web et on peut le télécharger gratuitement. Pouvez vous expliquer ce concept qui est très différent de la distribution habituelle ?

Oui, on a toujours fait comme ça dès le début pour que ce soit facile d’accéder à notre musique. On voulait éliminer tous les intermédiaires, que la relation entre nous et le public soit directe et les réseaux sociaux nous ont facilité tout cela. Et quelque part les réseaux sociaux sont en train d’arranger le monde de la musique, malgré ce que disent les discographiques. Tout est une grande mensonge. Les réseaux sociaux éloignent les transporteurs, les intermédiaires mais permettent une relation logique. Si on étaient agriculteurs on planterait le pommier, on cueillerait les pommes et on les amènerait chez les gens. On est en train de faire cela que je pense être une chose logique et qui fini par ordonner le monde de la musique.

Directement du producteur au consommateur…

Exact. Çà nous permet d’avoir une relation directe avec le gent qui aime les chansons. Ca nous approche du public et rapproche le public vers nous. On nous écrit après les concerts et nous mêmes envoyons les réponses. On a toujours fait comme cela. Regarde, on joue ici aujourd’hui et il n’y a plus d’entrées disponibles depuis quelques semaines. Nous survivons des concerts et le juste échange c’est d’offrir des nouvelles chansons, un nouveau disque et continuer avec cette relation.

Presque partout ou vous jouez vous faites salle comble. C’était comme ça aussi lors de votre dernière tournée en Espagne. Comment vous dépassez le problème de la langue ? Vos chansons sont majoritairement en catalan, un peu en espagnol …

Ce n’est plus un problème. Internet a fait ça et la globalisation par ricochet. Nous avons toujours écouté la musique en anglais depuis notre enfance, et on ne comprenait rien aux paroles. Mais c’est pas pour ça que ça ne nous plaisait pas, non? C’est pour ça que la musique est un langage universel et que tu te reconnais dans les instrumentations, la mélodie et plein d’autres choses. Et de nos jour, tout le monde a envie de découvrir et de s’ouvrir à d’autres cultures, connaître d’autres peuples, et est globalement plus ouvert. Et pour ce qui concerne le catalan, tout le monde sait maintenant ce que ça représente, d’où on vient. Barcelone est une marque de renom, ce qui nous a beaucoup aidé et donc quand on va jouer quelque part, les gens savent d’où on vient, ce qu’est le catalan… on l’explique aussi, si besoin…

 

D’ailleurs l’introduction de votre nouvel album… (est une annonce de speaker en anglais…)

Exact! c’est un type qui nous présentait lors d’un festival à Nottingham, juste avant d’entrer sur scène. Comme on enregistre nous-même souvent nos prestations, on avait gravé ce moment, on l’a donc utilisé pour l’album, ouais!

Je pense qu’il ignore qu’il est sur notre album, ce gars… quand on retournera jouer là-bas, on lui offrira l’album!

C’est comme nos concerts… On adore quand les gens dansent, participent…. Je crois en l’interaction forte avec le public, et… les gens connaissent notre manière de bouger…

Votre public est très varié, avec des gens de tous les âges et de plein d’horizons différents…

Oui, oui! ça nous a beaucoup surpris au début car juste avant d’avoir enregistré notre premier disque, le public était plutôt composé de gens de notre âge, nos amis, ou les habitués des concerts… Mais après ce premier disque, notre public a grandi et s’est élargi. On ignorait qu’on faisait de la musique pour les gens de plus de 70 ans et 3/4 ans également, et ça nous a fait très plaisir!

 

Quels sont vos projets désormais?  La tournée, je suppose, mais ensuite?

Bon, on vit plutôt au jour le jour, hein… Bon, un des trucs qui nous plaît en tant que groupe, c’est de voyager. Donc la première chose comme l’an passé, c’est de repartir en tournée en Catalogne, pour que tout le monde puisse avoir un concert pas trop loin de chez lui. Ensuite essayer de visiter plein de lieux et que le groupe puisse continuer à s’ouvrir de nouveaux publics, de nouveaux horizons. Cette année par exemple nous allons en Autriche pour la 1ère fois, en Suède également, et à New-York, où on joue à Central Park cet été dans un festival… On attends ça avec beaucoup d’impatience!

On est très heureux de tous ces voyages. Le truc c’est que les choses s’enchaînent les unes après les autres… donc oui on prévoit des trucs, mais on laisse aussi les opportunités se présenter.

 

Merci Alguer et à bientôt peut-être au Portail à Roulettes!

Hey, qui sait si vous nous invitez à jouer par là-haut, ça nous ferait super plaisir!
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