Vanessa Wagner & Murcof – Janvier 2014

Murcof_Vanessa_Wagner

Il y a le Lieu, d’abord.

Longtemps dirigé par Peter Brook, le Théâtre des Bouffes du Nord présente la singulière particularité d’être le décor le plus minimaliste et pourtant le plus impressionnant de Paris, tant son dénuement, du stuc abîmé aux fauteuils hors d’âge, est propice au voyage immobile. Le piano de Vanessa Wagner aux Bouffes du Nord - avec Murcof en janvier 2014 On regrettera juste un peu l’heure de programmation. 14H, un dimanche.

L’installation, ensuite.

Le piano, sublime. Une table de mixage, posée sur la table juste à côté. Pas forcément de dernière génération. De celles qu’on cache en temps normal/tant normal.

Et puis les deux musi/magi-ciens.

Vanessa Wagner, est une pianiste classique au parcours fulgurant. Formation classique, révélation soliste aux Victoires de la Musique en 1999, des disques flamboyants dont un premier remarqué Scriabine, en Dr Martens sur la pochette (si,si!). On a connu plus simple pour se lancer. La dame sait tout faire, du récital en solo, à la direction artistique du Festival de Chambord.
Fernando Corona, aka Murcof est un musicien mexicain, installé depuis 5 ans à Barcelone, passé par le Nortec Collective de Tijuana (BO de Babel, entres autres choses…), et qui tout au long de ses sept albums distille une électro minimaliste, fleurtant parfois avec le gros son d’un dancefloor, certes, mais le plus souvent délicate, épurée, et méditative.

Ces deux là sont pourtant sur la même onde, sonore et éclectique.
Et sans un mot, juste quelques regards, ils revisitent un siècle de musique dite répétitive, de Ligeti à John Cage, en passant par Satie, Arvo Pärt, Philip Glass ou Feldman (aucun rapport avec notre François national).
Murcof s’approprie les tonalités du piano, les triture, les associe à son univers de manière subtile et ethérée. Étonnant par exemple d’entendre cette gnossienne de Satie, légèrement ralentie, suspendue mais réappropriée et tellement émouvante.
Hypnotique, le son multicanal de la scénographie enveloppe littéralement les corps, et soulève les âmes.

De l’aveu même d’Alexandre Cazac, grand manitou du label InFiné, il est très difficile de restituer l’atmosphère d’une telle performance scénique, même avec un enregistrement directement issu de la console de mixage, tant l’effet de spatialisation créé par l’installation technique et le jeu de Vanessa Wagner et de Murcof forme un tout cohérent. Bref, à voir Live!

Pour le Fanzine du Portail à Roulettes, Vanessa Wagner a gentiment accepté de répondre à nos questions, le temps d’une petite interview sur trois marches d’escalier à l’issu du concert, comme on aime, post trac!!!

Ce spectacle est programmé à Nantes et Marseille, en février 2014. Tokyo, aussi, mais c’est plus loin. Évidemment.

Bref, si vous avez l’occasion de voir ce concert, précipitez-vous, c’est une expérience dont on ne ressort pas tout-à-fait indemne et qui rend juste… heureux.
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